Condoléances PDF Imprimer Envoyer
Samedi, 02 Janvier 2010 17:31

Nous avons appris le décès de la maman de notre grand frère et ami Éric Nataf  survenue le 31

décembre 2009.

Nous partageons la peine et la grande douleur d'Éric.

En cette pénible circonstance, les anciens de Mutu et l’AGALM/PMF lui transmettent ainsi qu'à toute sa famille leurs

condoléances les plus attristées
.


AGALM/PMF

 
Mutu vous souhaite de bonnes fêtes et vous présente ses meilleurs vœux pour l’année 2010 PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 28 Décembre 2009 14:39

En ces jours de fêtes, de solidarité et de retrouvailles familiales,
Bonnes fêtes et que 2010 vous apporte à toutes et à tous ainsi qu’à vos proches le meilleur de la vie

 
Photo retrouvaille envoyée par Evrard Lionel : PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 23 Décembre 2009 07:35

Dali Raphaet, Evrard Lionel et Pascal Fleury : la magie de Mutu : une amitié qui date de 10 à 38 ans

 
Claude RIZZO nous offre, pour les fêtes de fin d'année, une petite histoire qui vous retracera la genèse de son talent d'écrivain PDF Imprimer Envoyer
Mardi, 22 Décembre 2009 08:26

Chers parents, amis et lecteurs,

Les fêtes de fin d’année approchent.

Laissez-moi à cette occasion vous offrir le seul cadeau à ma portée : une petite histoire, elle vous racontera comment est née ma vocation d’écrivain.

Je vous souhaite une bonne fin d’année et un début de l’autre en fanfare.

Toute mon amitié.

 

 

 



Claude RIZZO

 

Une vocation foudroyée.



Claude Ettore hésitait entre une carrière de chauffeur de taxi et celle d’infirmier. La vie a été généreuse avec lui. Il conduit à présent une ambulance du côté de Montpellier.
On ne demandait jamais à Albert Zerbib quels étaient ses rêves. Son grand-père était médecin, comme ses deux frères. Son père et son oncle avaient choisi le même métier. Albert, lui, était fils unique. Pauvres Zerbib, qui perdaient un toubib à chaque génération.
Chérif Ben Hassine, le goal de l’équipe de notre bande, imaginait son destin dans le football. Il se voyait déjà dans la prestigieuse équipe du Club Africain. « C’est mieux pour l’argent du salaire », disait-il. Et ses plongeons, où il laissait la peau des genoux sur les cailloux du terrain vague, prouvaient que sa vocation s’appuyait sur des compétences solides et sérieuses.
Notre ami Chérif a presque réussi son coup. Il est devenu gardien du stade d’El Menzah, à Tunis.
Yvon Augereau voulait devenir ingénieur. Et nous, ce n’étaient que rires en l’écoutant. Son métier n’avait rien à voir dans l’affaire. C’était son accent qui nous mettait en joie. Yvon arrivait de Bretagne. Et comme tous les Métropolitains, il nous écorchait le français dans tous les sens.
Quant à moi, je peux me flatter d’une vocation née bien avant mes premiers pas.
...

Cliquer ici pour poursuivre cette petite histoire.

 
Les étranges prédictions de "Sidi Amor El Fayache" PDF Imprimer Envoyer
Lundi, 14 Décembre 2009 08:50

Écrit par Samir  EL FANI

Ommi Jannet avait vécu l’essentiel de sa vie dans un petit village du Sahel, situé à environ 140 kilomètres au sud de Tunis. Elle venait de rejoindre à la capitale son fils Tahar, agent de service, fraîchement promu, en ce lendemain d’indépendance, concierge du lycée Alaoui, là haut dans le quartier de Montfleury, «Mafarvi» prononçait-elle !
Tahar avait fait de sa loge un espace central, véritable poumon de l’établissement. Personnage souriant et affable, il était rusé et toujours disposé à résoudre les problèmes des autres. Réceptacle de sources d’informations intarissables, l’homme avait su se rendre incontournable. Assoiffé de football mais médiocre footballeur, il organisait très régulièrement dans le lycée, aux heures libres, des matchs ou les spectateurs pouvaient rire à gorge déployée de ses piètres prestations ; la finalité de ces rencontres n’était pas tant de marquer des buts, mais de dribler Tahar, encore et encore… C’était un chaleureux grand frère pour les deux fils du proviseur à qui il avait communiqué sa passion.
La vieille Ommi Jannet commençait à s’inquiéter…Des rumeurs couraient autour de la conciergerie où officiait son charismatique fils. Les surveillants d’internat, ceux d’externat, des secrétaires et quelques professeurs se retrouvaient quotidiennement sur le pas de cette loge, aux heures de digestion. Sur cet espace réduit, le monde se reconstruisait avec forts arguments et les discussions s’enflammaient la veille des rencontres de football entre l’Espérance de Tunis et l’Etoile du Sahel, c’est ici aussi que les mauvaises langues « officialisaient » des clabaudages souvent ramassés dans les caniveaux de l’établissement.
De l’appartement qui jouxtait la conciergerie, Ommi Jannet ne perdait rien des ragots de ce microcosme.

Elle éprouvait une grande tendresse pour Salim, le benjamin des enfants du proviseur, fraîchement émigré du quartier de Bab El Khadra avec toute sa famille.
Ce petit bonhomme de 10 ans, était fasciné par cette merveilleuse conteuse, et dès qu’un temps libre s’offrait à lui, c’est vers cette affectueuse grand mère, sevrée de petits enfants, qu’il courait se blottir. Elle posait alors son chapelet et entamait une noria d’histoires merveilleuses, dont le personnage principal était toujours la fille du Sultan (Bint el Soltane).
Déjà doux rêveur, Salim était transporté alors, vers des altitudes vertigineuses…
Ommi Jannet était inquiète, son petit protégé devait bientôt passer le certificat de fin d’études primaires ainsi que le concours d’entrée en 6ème, «Zizièm» disait-elle ! Les bruits qui couraient aux alentours de la loge, n’étaient guère optimistes sur les chances d’un futur impétrant, plus enclin à jouer qu’à réviser, et qui, à l’heure des devoirs, ouvrait grand la porte du monde des chimères, pour d’improbables aventures, dans le sillon de Bint el Soltane.
Les difficultés de son petit protégé, trouvaient certainement leur origine dans l’acharnement du mauvais sort, conséquence probable de «manipulations occultes». Elle devait sauver la victime et conjurer le sortilège, avec l’aide vraisemblable d’un marabout voisin. Mais l’inconcevable ne pouvait être, il lui fallait, à tout prix, s’assurer sur l’efficacité de ses incantations comme sur l’efficience de celles du marabout. Elle voulait en avoir le cœur net, la Zizièm était-elle promise à son petit Salim ?
Ommi Jannet savait, par la grâce de commères du quartier, qu’à quelques encablures du lycée, à la périphérie du R’bat Bab d’zira, faubourg sud de la médina, tout près de la place aux moutons, un célèbre devin avait pignon sur rue. Elle ne pouvait espérer mieux ! Elle se sentait désormais investie d’une sorte de mission salvatrice !
C’est ainsi que par un bel après-midi de printemps, en grand secret, drapée dans son «Safsari», elle emmena d’un pas décidé le jeune garçon, pour une visite intéressée, chez Sidi Amor EL FAYACHE, Sid-Amor pour les initiés : elle avait la profonde conviction qu’auprès de ce saint homme, l’adversité buterait.
Leur itinéraire passait par l’étonnante place aux chevaux, (miniature de celle de Jamaâ El-Fna à Marrakech) non loin de souk El-Asr et ses multiples «Oukalas», sorte de caravansérails. Cette place était en vérité une véritable cour des miracles, avec un foisonnement d’activités extraordinaires : Conteurs captivants, charmeurs de serpents, combats de béliers, musiciens (mzaoudia) et bien d’autres séduisants saltimbanques en tous genres. Tout ce monde était en représentation, face à une foule médusée.
Mais ils n’étaient pas là pour ça, il leur fallait poursuivre leur route au grand dam de l’enfant qui aurait volontiers compromis son passage en sixième contre le bonheur d’assister à ces spectacles fascinants !

-« Salim, écoute moi bien, nous allons rendre visite à Sid-Amor qui va nous dire si tu vas avoir, inchallah, la Zizièm, il ne faut pas que tu aies peur… »

Elle expliqua alors à son protégé que Sid-Amor partageait son enveloppe corporelle avec un « Djinn », maître du temps, qui était en fait celui qui nous transmettrait son verdict par la bouche du saint homme.
Les règles du jeu venaient subitement de subir une fâcheuse modification. Déjà peu rassuré, le petit bonhomme fut aussitôt assailli par une forte inquiétude, sa gorge était nouée et son pas décidé, devint pas mollissant.
Il n’était malheureusement pas concevable d’imaginer de dissuader une mamie si peu sceptique et si farouchement déterminée ! Il fallait donc faire bonne figure en essayant de maîtriser la naissance d’une solide appréhension.
La fière équipée finit par atteindre sa destination. Une poignée de femmes stationnait à l’entrée d’une modeste demeure traditionnelle de l’époque Husseïnite. Une façade aveugle s’offrait aux regards des passants,  exception faite d’une haute lucarne, armée de fer forgé, qui protégeait de la vue extérieure grâce à un claustra ; deux étendards inconnus y étaient plantés.
Une vielle et lourde porte cloutée, grande ouverte, débouchait sur une « sqifa », hall d’accueil en chicane. « Le comité d’organisation » y était représenté par deux rombières qui accueillaient les visiteurs par un rituel d’hospitalité, en leur offrant à boire dans le même « halleb », l’eau fraîche d’une gargoulette. Elles recueillaient aussi les offrandes de la clientèle venue exprimer sa gratitude suite à des prédictions favorables (Fruits, plats cuisinés, pâtisseries, objets divers…). La plus âgée tenait la caisse dans un foulard noué et filtrait les entrées, après s’être assurée que chaque bigote se soit acquittée de l’obole, négociée discrètement en fonction de l’apparente fortune des unes et des autres. Le cabinet de consultation de Sid-Amor attirait essentiellement des femmes de tous âges et d’horizons divers.
On quittait la Skifa pour pénétrer dans un patio rectangulaire, espace intermédiaire, à ciel ouvert, aménagé en salle d’attente. Cette cour intérieure baignée de lumière, était entourée de pièces sur tous les côtés. L’une d’entre-elles était occultée par un moucharabieh lui assurant une totale discrétion. Des nattes étaient disposées sur le sol pour le confort d’une assistance qui jacassait dans un brouhaha assourdissant. Un cornet en papier rempli du « loubène », Chewing-gum oriental amer, passait de mains en mains, offrant un semblant de convivialité à une atmosphère pesante, dominée par le stress de dévotes en quête de réponses à leurs soucis.  
Au milieu, une sorte de matrone impressionnante, régulait les flux, d’une voix de stentor, par trois vagues successives : La vague de la Skifa d’entrée, celle du patio et celle du sanctuaire Amor EL  FAYACHE.
Perdu au milieu d’un parterre d’initiées d’une dévotion toute religieuse, Salim avait repéré dans la foule un petit garçon de son âge qui semblait être aussi inquiet et aussi mal à l’aise que lui, il avait également l’air d’être très impatient de se libérer de cette ambiance effarouchante. Le concours d’entrée en sixième fournissait, à cette époque, une partie non négligeable de la clientèle de l’officine à divination.
La matrone indiqua à Ommi Jannet qu’elle pouvait accéder au « sanctuaire ». Elle dû tirer la main moite de Salim pour le faire avancer. Il avait depuis peu tous les sens en alerte. Une très forte odeur d’encens, sensée amadouer les esprits, flottait dans les airs et ajoutait une large touche d’anxiété à l’inquiétude ambiante.
L’enfant avait imaginé le devin, en costume trois pièces, installé à un bureau, comme chez le docteur, offrant, avec son Djinn intracorporel, de savantes consultations. Poussé vers l’intérieur par les ferventes mystiques qui se bousculaient à la porte d’entrée de la pièce, Salim qui ne respirait plus, essayait de fuir la vision de cauchemar qui s’offrait à son regard. Ommi Jannet le tira sans ménagement vers l’avant pour tenter d’occuper une place de choix sur le devant de la scène. Le jeune garçon cherchait de ses yeux une issue de secours ou une quelconque ouverture permettant de s’échapper ; mais les deux seules fenêtres se trouvaient derrière lui, des deux côtés de la porte d’entrée. Il était pris au piège.
Le mobilier se réduisait à un modeste lit et une mida, table basse ronde. Des extraits de versets du coran ornaient quelques cadres accrochés aux murs, à l’exclusion de toute autre décoration. Un vieux carrelage usé couvrait le sol ; quelques nattes étaient disposées sur une moitié de la grande pièce où s’entassait l’assistance, l’autre moitié, était l’espace réservé de Sid-Amor, avec son lit et sa mida.

Le phénomène, une sorte de tarasque légendaire d’une cinquantaine d’années, colosse chauve et massif, arpentait complètement nu son antre ! Complètement nu !
Une longue et solide chaîne scellée au mur et attachée à son pied le rendait captif, réduisant ses déplacements possibles à une moitié de la pièce qu’il sillonnait sans interruption d’un mur à l’autre. Un « no man’s land » de sécurité immatérialisé, garantissait la sauvegarde des visiteurs. Salim, terrorisé, sentait son cœur battre sur ses tempes et dans sa bouche, il était hypnotisé par le spectacle de ce monstre en colère. C’était le Djinn, il en était certain ! Il n’y avait pas de bon génie, il n’y avait pas d’Amor EL FAYACHE, mais juste un Djinn énervé, capable à tout moment de briser sa chaîne pour se ruer sur le public. Paralysé par la peur, l’enfant, attendait le drame qui tardait à survenir.
Pour Salim, « l’ogre » avait désormais un visage, il était là, tout près, marchant en fulminant d’un air véhément. Sa carrure, sa nudité, les rictus sur sa face, le bruit des chaînes, le mysticisme ambiant, formaient les ingrédients usuels de la scène d’épouvante.

« L’Oukila », une entremetteuse, maîtresse des rituels, avait l’exclusivité de la communication avec Sid-Amor, elle était seule à pouvoir entrer en contact avec le devin, seule à pouvoir interpréter ses onomatopées incompréhensibles et ses nombreuses mimiques.
Les trois premières solliciteuses avaient obtenu des réponses positives à leurs interrogations, déclenchant les « you-you » de l’assistance solidaire.
La quatrième voulait savoir si le mariage de sa fille avec le fils du voisin allait être conclu ? Sid-Amor continua d’arpenter la salle en demeurant temporairement silencieux. L’interprète officielle expliqua que qui ne dit mot ne consent pas, la réponse était donc négative, déclenchant aussitôt un concert de pleurs d’un petit groupe qui accompagnait la malheureuse.
Une cinquième, sans nouvelles de son fils, émigré en France depuis deux ans, voulait savoir s’il allait revenir. L’Oukila posa clairement la question. Sid-Amor, probablement fatigué, décida de s’allonger sur son lit. L’action jeta le trouble dans l’assistance, quelqu’un lança : « mat ! », il est mort !  L’entremetteuse confirma. C’en était trop pour la mère qui perdit connaissance, aussitôt recueillie et évacuée dans les bras de ses accompagnantes qui se mortifiaient. De toute part s’élevaient des « meskina !», la pauvre ! et des « barka fik » de condoléances, plusieurs dévotes pleuraient. La matrone du patio, dut venir en renfort afin de rétablir le calme dans la salle.
Le colosse nu se releva, l’entremetteuse présenta à sa bouche une banane que le devin, pratiquement édenté, engloutit sans mâcher en trois bouchées rapides. Ce petit encas  l’inspira, il se mit à uriner tranquillement à même le sol au beau milieu de la pièce. Une poignée d’illuminées se précipitèrent, les mains écartées, sur l’urine chargée de la baraka du saint homme, devenue par miracle, une sorte d’onguent curative d’une rare pureté, ces femmes en extase se l’appliquaient sur le visage ! L’écœurement s’ajoutait désormais à la peur !
Cette cavalcade d’évènements avait achevé Salim qui n’avait plus que deux souhaits : en finir au plus vite avec ce mauvais film et retrouver sa maman ! La Zizièm  était maintenant reléguée au rang d’anecdote futile.

C’était au tour d’Ommi Jannet d’entrer en scène, aux amers regrets du garçonnet !
Après avoir recueilli les doléances de la vieille dame, l’Oukila s’approcha d’Amor EL FAYACHE.
-« Ya Sid-Amor ! Est-ce que Salim, le petit fils de Jannet va réussir la Zizièm ? »
Continuant d’avancer imperturbablement en faisant rouler sa chaîne, le mastodonte lâcha un caverneux : « han ! »
Le visage de l’entremetteuse s’illumina, la réponse était favorable ! Le devin avait dit « han ! » et dans le langage des Djinn « han » voulait évidemment dire oui !
Les you-you retentirent et Ommi Jannet enlaça son protégé pour une étreinte pleine de fierté. Des « mabrouk » de congratulations accompagnaient leur sortie de la pièce, l’affaire était pliée.
Ommi-Jannet avait rajeuni de 10 ans, elle avançait d’un pas alerte, fière d’avoir accompli cette démarche indispensable, fière de son petit Salim, pressée d’aller porter la bonne nouvelle à la conciergerie du lycée Alaoui.
Le garçonnet était heureux d’être sorti vivant de la cage aux lions. Chemin faisant, il imaginait Sid-Amor dans une arène au milieu de gladiateurs armés jusqu’aux dents, mais battus d’avance !

Salim aura du mal, pendant des mois, à effacer ce traumatisme et à dormir d’un sommeil tranquille.
Quelques temps plus tard, face à l’ampleur du phénomène, les autorités tunisiennes décidèrent de fermer définitivement l’officine à divination. Amor EL FAYACHE qui souffrait d’un syndrome de démence aussi lourd qu’incurable, fut interné à vie à l’hôpital psychiatrique de la Manouba, au grand dam d’Ommi Jannet et d’une multitude de ferventes et fidèles dévotes.

Conformément aux prédictions de Sid-Amor, Salim décrocha son certificat d’études et dans la foulée, fut admis au concours d’entrée en  Zizièm.
Ommi Jannet n’imaginait pas que son petit protégé aurait un jour son bac, puis plus tard, quelques diplômes universitaires, Amor EL FAYACHE, lui, le savait déjà et si on lui avait posé la question, il aurait dit : «han !»

 
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